10 questions pour se construire un business plan insubmersible

Élaborer un business plan digne de ce nom est une condition sine qua non pour toute néo-entreprise souhaitant garder le cap et arriver à bon port. Sans lui, se lancer dans un projet de création d’entreprise pourrait vite s’apparenter à une navigation à vue dans un océan de questions surplombé d’une épaisse brume de doutes. Jeunes (ou moins jeunes) matelots, voici une brève liste, qui ne saurait être exhaustive, de 10 questions vouées à guider l’édification de votre business plan.

Quel marché je vise ?

La bonne connaissance du marché auquel on souhaite s’attaquer est fondamentale, puisque un projet ne peut être viable qu’à condition de savoir dans quel environnement il va être amené à se développer. Il faut être en mesure de cerner si ses futurs clients se regroupent dans une dimension locale, nationale ou s’ils sont répartis internationalement, ne serait-ce par exemple que pour planifier sa structure logistique et les coûts qui y seront relatifs. Tous les éléments d’un business plan sont imbriqués les uns dans les autres, ont des liens d’interdépendance, et du choix du marché va s’ajuster une multitude d’autres variables.

À quelle concurrence suis-je confronté ?

S’insérer dans un marché c’est faire face, sauf cas exceptionnel, à une concurrence déjà en place dont l’offre a su trouver un certain nombre de clients. Que cette concurrence soit frontale ou partielle, le marché se partagera entre vous et elle, il est donc impensable de pénétrer ce dernier sans connaître les prix pratiqués par les entreprises déjà présentes, la qualité de leurs offres mais aussi leur degré d’accaparation du marché afin de voir si de nouveaux venus peuvent y émerger et sous quelles conditions.

Quels prix dois-je envisager pour mes produits / services ?

Le prix que vous souhaitez fixer découle directement de l’étude de la concurrence. Si malgré tous vos calculs, vous n’êtes par exemple pas en mesure de proposer un prix inférieur à celui pratiqué par les entreprises déjà en place sur le marché pour une offre de qualité sensiblement équivalente, il peut être judicieux d’envisager un autre fournisseur, ou un local plus restreint, bref, une diminution de vos coûts ou, à défaut, un renoncement du projet en l’état. Découvrez quelques conseils pour fixer correctement votre prix.

Quelle est ma cible ?

La cible que l’on s’apprête à viser ne doit en aucun cas être une entité abstraite, aux contours vaguement définis. Certaines lapalissades restent de bons rappels : pour toucher une cible, mieux vaut être en capacité de la voir le plus clairement possible. Il s’agit donc de la décortiquer au mieux : sa nature (BtoB, BtoC), son pouvoir d’achat (CSP), son volume, ses habitudes de consommation auprès des offres concurrentielles, etc.

Quelles sont les contraintes réglementaires ?

Trop d’entrepreneurs font l’erreur de mésestimer les contraintes réglementaires relatives à leur secteur. Ces contraintes ne sont en aucun cas des formalités auxquelles on se conforme le moment venu, elles doivent être considérées en amont car leur impact sur les coûts de production, sur la logistique et sur les répercussions occasionnées sur votre offre pourraient bien bouleverser vos prévisions en cas d’une étude trop superficielle de celles-ci.

Quelle est ma stratégie marketing ?

Une bonne offre ne se suffit pas à elle-même, encore faut-il qu’elle soit visible par vos futurs clients. Il s’agit donc de définir précisément quelle communication vous allez mettre en œuvre, à travers quels vecteurs et surtout évaluer quelle partie de votre budget vous consentez à lui allouer. Cela renvoie à l’étude approfondie du marché afin de cerner si celui-ci est segmenté ou non, si vous êtes en mesure de déterminer des cibles prioritaires, etc.

Quand sera atteint mon seuil de rentabilité ?

Le plan de trésorerie doit apparaître en filigrane de votre business plan qui ne peut que s’articuler autour, sous peine de voir tout votre projet s’effondrer. Les premières rentrées d’argent tardent souvent à venir, et les estimations en la matière ont la fâcheuse tendance de se montrer trop ambitieuses. Il s’agit donc d’anticiper le plus précisément possible ces flux afin de prévoir sous quels délais le projet deviendra rentable ; et d’inclure ainsi dans les emprunts et apports envisagés, suffisamment de fonds pour subvenir à vos besoins quotidiens d’ici là !

Quelles sont mes lois de décaissement / encaissement ?

Les flux de trésorerie ne peuvent se prévoir sans la définition précise de quelques points cruciaux. Il faut connaître les modalités de paiement des factures émises à vos fournisseurs, reçues par vos clients, avec comme priorité la prise en compte des délais, éternelle préoccupation de tout entrepreneur.

Quelle structure d’entreprise dois-je adopter ?

Micro-entreprise, EIRL, EURL, SARL, SA, SAS, SASU : si tant de statuts juridiques existent c’est que tous ont des caractéristiques propres qui peuvent autant optimiser la gestion de votre entreprise que s’avérer être un poids pour cette dernière si la structure choisie n’est pas adéquate, adaptée à votre activité, votre organigramme, votre chiffre d’affaires, etc.

Suis-je bien entouré ?

La création d’entreprise est un long chemin de croix qui peut se révéler autant harassant qu’exaltant. Ne sous-estimez pas l’importance d’être entouré et de l’être le mieux possible au cours de cette aventure. Qu’il s’agisse de proches, de professionnels ou de structures destinées à vous accompagner voire à vous former au métier d’entrepreneur, n’hésitez pas à constituer autour de vous un carnet d’adresse éclectique susceptible de vous donner de précieux coups de pouce dans différents domaines aux moments opportuns.
Bien que vous soyez le seul capitaine à bord, le périple vers le Nouveau Monde de l’entreprise ne peut et ne doit pas être une traversée en solitaire.