7 idées reçues sur la gestion des finances d’entreprise

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Si les cordonniers sont souvent les plus mal chaussés, les entrepreneurs éprouvent dans bien des cas les plus grandes difficultés à gérer leur argent, que ce soit celui de leur boîte ou de leur porte-monnaie. Un bon businessman ne fait pas forcément un bon gestionnaire ! Vous vous reconnaissez là-dedans ? Alors peut-être que la petite liste qui suit vous sera utile : elle tend à démonter quelques poncifs persistants au sujet des finances d’entreprises, induisant tant d’entrepreneurs dans l’erreur !

Il faut dépenser ce que l’on gagne !

D’aucuns vous pousseraient à réinjecter le moindre centime de vos comptes bancaires dans votre entreprise afin de la faire toujours plus croître. Noble intention mais stratégie douteuse ! Vous pourrez vite vous retrouver à gaspiller votre argent si les résultats du cash dépensé ne sont pas rigoureusement encadrés par ce si précieux indicateur qu’est le ROI.

Que faire ?

Étudiez mois après mois les différentes dépenses engagées en vous assurant que chaque ligne de celles-ci correspond à un objectif précis, sans oublier de calculer leur ROI.

Le cash est roi !

Disons qu’il est tout au plus roitelet ! À la fin, les revenus et les bénéfices ne pas sont pas ceux qui dictent réellement la marche à suivre. Les empereurs de la gestion financière d’une entreprise viable sur le long terme, ce sont les flux de trésorerie.

Que faire ?

Cela commence par des actions simples comme comparer le relevé bancaire de votre entreprise le premier et le dernier jour de chaque mois afin de constater les fluctuations d’argent. Définissez ensuite quelles sont les activités, créances et dettes qui augmentent et celles qui diminuent vos flux de trésorerie. L’équilibre est à rechercher dans le temps.

Préparer son budget permet d’éviter les faux pas sur un exercice !

Préparer un budget c’est bien, mais le tenir c’est mieux ! Si la préparation d’un budget est un formidable moyen de suivre ses revenus et d’éviter les grosses bévues par rapport aux performances réelles, elle n’est efficace que si ce budget est suivi de très près.

Que faire ?

Vous devez établir vos budgets annuels de recettes et de dépenses en fonction des performances antérieures de votre entreprise et également des résultats attendus. Ces-derniers dépendent des nouveaux investissements et des éventuelles évolutions des conditions marketing ou RH. Mais cela ne suffit pas ! Il s’agit ensuite de monitorer votre budget tous les mois et de le réactualiser si besoin (deux fois par an au maximum). Beaucoup de jeunes entrepreneurs font l’erreur de tout bouleverser aux moindres retards ou avances sur les prévisions budgétaires ; il faut pourtant garder un maximum le cap ! Chaque résultat inattendu doit par ailleurs être appréhendé comme un apprentissage qui perfectionnera l’établissement de votre prochain budget.

Les dettes, c’est le début de la fin !

Si certains s’endettent pour de mauvaises raisons, les dettes peuvent également être contractées dans de bonnes perspectives : supprimer des pertes opérationnelles à court terme, effectuer des investissements à long terme ou compenser des baisses de recettes prévisibles et saisonnières.

Que faire ?

La première chose que vous devez faire est de calculer le poids de l’échéancier de remboursement dans le cadre de la croissance de l’entreprise. Identifiez ensuite le bénéfice exact que vous prévoyez de faire sur cet argent emprunté et dans quels délais : vous calculerez ainsi un rendement estimé.

La gestion personnelle et la gestion professionnelle sont deux choses bien distinctes !

Peut-on être cigale à la ville et fourmi au travail ? Difficile à croire ! Un entrepreneur doit se montrer rigoureux dans sa gestion financière privée comme professionnelle. Déjà parce que la gestion perso peut se révéler une bonne méthode d’entrainement pour sa gestion pro, ensuite parce que la capacité de l’entreprise à gérer ses flux de trésorerie dépend aussi de sa capacité à emprunter aux banques… Vous voyez où l’on veut en venir ? Les créanciers examinent à la fois vos comptes pro et perso avant de faire leur choix.

Que faire ?

D’une manière générale, prenez le plus grand soin de vos comptes personnels comme professionnels en vous assurant de leur état de santé très régulièrement. Plus encore, tirez votre pointage de crédit personnel et votre pointage de crédit commercial. Effectuez des modifications pour toutes les erreurs et n’hésitez pas à demander des conseils sur la façon d'augmenter vos scores.

La retraite d’un entrepreneur se finance avec la vente de sa boîte !

Vivre la grande vie sans se soucier de demain puis revendre son entreprise pour assurer sereinement sa retraite, ça fait rêver ! Sauf que la réalité d’un entrepreneur est rarement celle-ci et que bien des embûches peuvent venir compromettre une revente fructueuse.

Que faire ?

En tant qu’entrepreneur, vous devez épargner dès maintenant pour votre retraite, quel que soit votre âge. Songez à placer votre argent dans des placements peu risqués sur du moyen et/ou long terme qui vous fourniront des rendements. La retraite par capitalisation offre d’ailleurs souvent quelques avantages fiscaux.

Les fonds d’urgence sont des prévisions superflues !

Tout business, aussi rondement mené soit-il, est soumis à des cycles qui le dépassent souvent, rendant un exercice bien meilleur qu’une autre ou parfois… bien pire. Les sociétés les plus résilientes, les plus à même d’encaisser une mauvaise variation, sont souvent celles qui avaient prévu un fonds d’urgence.

Que faire ?

Constituez-vous dès que possible un fonds prévu à cet effet, auquel vous n’aurez recours qu’en cas de confrontation à une situation… urgente ! Une baisse des ventes considérable, une augmentation inattendue des dépenses ? Il faut avoir de quoi colmater les brèches le moment venu, sous peine de voir l’édifice s’effondrer.

 

Crédits images : Alekksall - Freepik