La dilution du capital de votre entreprise doit-elle vous faire peur ?

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La dilution est un concept dont on entend souvent parler dans l’écosystème startup, dès lors que l’on envisage une levée de fonds. Son principe ? En échange d’un apport d’argent, on va “perdre” une partie de ses parts et donc du contrôle de son entreprise. Il faut savoir que la dilution est inévitable lorsqu’on fait entrer chez soi des investisseurs, et que le principe de dilution ne peut être regardé seul, sans penser en même temps à celui de la valorisation de l’entreprise. C’est un peu compliqué ? On vous explique tout calmement et en détail.

La dilution, une étape inévitable

Lorsque vous levez des fonds, vous créez de nouvelles parts sociales ou actions, qui seront détenues par lesdits investisseurs. Comme vous, vous ne mettez pas d’argent (c’est bien tout le but du recours à des investisseurs extérieurs), votre pourcentage de parts dans le capital diminue. C’est ce qu’on appelle la dilution.

Prenons un exemple. Vous possédez 20% des parts de votre startup qui est valorisée (par vous) à 2 millions d’euros. La valeur de vos parts s’élève donc à 400 000 euros. Maintenant, imaginons que vous receviez un nouvel investissement de 2,5 millions avec une nouvelle valorisation de votre startup à 10 millions d’euros (pré-money). Il sera nécessaire de créer de nouvelles parts (+ 25% part rapport au nombre de parts existantes).

Le tableau ci-dessous explique la situation plus clairement :

tableau-dilution-capital-startup

Après investissement, vous n’avez plus que 16% de “poids” dans l’entreprise. Mais la valeur (fictive, évidemment) de vos part a elle bien augmenté, puisque (en post-money cette fois-ci), vous détenez 16% de 10 + 2,5 millions soit une valeur de 2 millions !

Ceci est d’autant plus vrai que le contrôle n’est pas uniquement lié au nombre de parts détenues : au fil des levées, sera peut-être structuré un “board” ou conseil d’administration, dans lequel votre voix peut être prépondérante, même avec peu de parts. Capacité à grandir vite, à se structurer, règles de gouvernance : tous les éléments sont à prendre en compte au moment de choisir et d’accepter d’avoir moins de parts de l’entreprise que l’on a créée.

2 choses à savoir pour se préparer à “lâcher des parts”

Maîtriser l’art de la valorisation de startup

Comme vous l’aurez compris, dans les histoires de dilution, la valorisation est primordiale. Ne vous laissez pas tenter par une grosse valorisation dès le début et considérez la démarche à long terme. Si vous valorisez trop votre startup dès le début, vous serez contraint de diluer davantage vos parts par la suite. Dans l’exemple précédent, admettons que la startup soit finalement valorisée 5 millions plutôt que 10. Dans ce cas, pour lever le même montant (2,5 millions), votre part devra être diluée de 50% (2,5/5). Moralité, la valorisation de votre startup doit être la plus juste possible pour éviter les risques de dilution trop importante !

Prévoir les stock options

Sachez que lorsque vous réalisez de nouveaux tours de financement, les VCs (Venture Capitalists, ou fonds d’investissement) peuvent demander (ou vous pouvez le proposer aussi) à ce que vous mettiez en place un programme de stock options. Ce dernier a pour objectif de motiver financièrement les nouvelles recrues. En effet, vous devez céder des parts de capital pour attirer les meilleurs collaborateurs. Ce qui a pour effet de diluer encore une fois vos parts. Il faut donc bien avoir en tête que plus vous réaliserez de tours de financement, plus vous devrez céder des parts à vos managers !

Et vous, la dilution vous fait-elle peur ? Est-ce un point de passage obligé ? Vaut-il mieux avoir quelques pourcents d’une entreprise “qui marche” plutôt que 100% de quelque chose qui ne vaut rien ?

Nous sommes curieux de lire vos expériences dans les commentaires et sur les réseaux sociaux !