Il y a le bon associé et le mauvais associé : comment bien choisir ?

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S'associer : l’éternel et épineux dilemme ! Si pour certains « on n’est jamais mieux servi que par soi-même », pour d’autres « l’union fait la force ». Il y aussi les dictons plus recherchés à l’image de l’optimiste maltais : « quand deux bons associés s’unissent, la pâte rencontre le levain », du méfiant persan à la logique implacable : « si l’associé était bon, Dieu en aurait pris un » ou de l’amer constat du dramaturge grec Eschyle : « en toute entreprise, il n’y a rien de plus funeste que de mauvais associés ». Finalement, quelle que soit la vision qu’on peut avoir du sujet, une chose est certaine : comme il y a le bon et le mauvais chasseur, il y a le bon et le mauvais associé. Mais dès lors, comment ne pas se tromper dans son choix ? Focus sur quelques fondamentaux qui devraient vous aider à y voir plus clair.

Votre associé doit avoir une personnalité et une vision qui s’accordent avec les vôtres

On compare souvent, à juste titre, l’association dans une entreprise à un mariage. Les débuts ne sont en effet que douces projections et rêves de réussites partagées… Et puis très vite, la réalité vient s’en mêler, non pas pour détruire tout espoir, mais pour vous rappeler que si l’onirisme peut être une belle motivation, les efforts consentis sont assurément des gages plus sûrs d’une collaboration durable et efficiente.

Bien s’entendre sous un soleil resplendissant est un bon début, mais conserver une relation saine quand l’orage vient poindre le bout de son nez relève d’un autre exercice. Les deux personnalités d’une association doivent impérativement être capables de rester soudées dans l’adversité. Les capacités d’écoute, d’empathie, d’honnêteté sont de rigueur et, plus encore, la propension à se dire clairement mais sereinement ce qui ne va pas et en contrepartie d’être prêt à l’entendre, est fondamentale (pleutres comme susceptibles font de très mauvais associés !). Communication et tolérance doivent être maîtres-mots. Mais l’accord des personnalités ne se limitent pas seulement à l’entente inter-associés, elle concerne les approches respectives qui se doivent de converger dans différents domaines : management, gestion de la prise de risque, éthique, etc. Les complémentarités de profils très différents peuvent fonctionner, mais la fameuse « même longueur d’onde », avec toutes les nuances qu’on peut par ailleurs lui apporter, reste l’option la plus sûre.

Votre associé doit être un vecteur d’apports concrets

Bien s’entendre est une chose, et non des moindres. Mais vous ne choisissez pas un associé comme vous choisissez un ami pour vous lancer dans un ambitieux barathon. Au-delà de l’apport moral voire affectif qu’emmène avec lui votre associé au moment de se confronter aux premières affres de la vie de chefs d’entreprises, ce dernier se doit impérativement de venir pallier des besoins que suscite votre projet d’entreprise. Il peut s’agir de compétences complémentaires (vous gérez super bien niveau commercial et êtes créatif, lui touche sa bille en technique et en gestion), d’opportunités de réseautage particulièrement intéressantes (son carnet d’adresse est rempli d’entrepreneurs expérimentés ou de clients potentiels), ou encore d’apports de fonds qui complètent l’investissement nécessaire à la constitution de votre capital social.

Le bon associé doit être soumis à quelques vérifications indispensables

Que vous ayez trouvé votre associé parmi vos plus proches amis, au sein de votre famille ou qu’il s’agisse d’un ancien collègue, d’un partenaire professionnel ou même d’une relation obtenue via une offre d’association sur Internet, vous vous devez de prendre quelques précautions avec de vous lancer dans une aventure commune. Si l’association se rapproche en certains points du concept de mariage, elle n’en débouche malheureusement pas moins souvent sur des divorces.

Ainsi, il vaut mieux être bien informé du passé du potentiel futur associé, tant sur le plan financier que juridique. Sans aller jusqu’à embaucher un détective privé, quelques écueils récurrents peuvent être évités en vérifiant certains points cruciaux auprès de lui ou de son entourage. A-t-il fait l’objet d’une procédure collective pouvant entraîner la vente de son patrimoine ? S’il est marié sous le régime de la communauté, est-ce que son conjoint a bel et bien renoncé à la qualité d’associé à laquelle il pourrait prétendre ?

Le bon associé doit motiver quelques précautions juridiques de votre part

Dans une entreprise, le nerf de la guerre, c’est l’argent. Alors autant faire en sorte que la question pécuniaire soit d’entrée le plus clairement définie entre vous et votre associé. Désigner un associé comme majoritaire ou opter pour la cogérance, au risque de se retrouver mutuellement neutralisés en cas d’irrémédiable désaccord ? S’il s’agit d’un recours à un associé afin d’obtenir de lui des fonds pour financer votre projet, il paraît plus judicieux de rester majoritaire, au risque de se voir progressivement déposséder de celui-ci.

Quel que soit le cas de figure, un pacte d’actionnaires pour les SA ou un pacte d’associés pour les SARL paraît inévitable afin de vous prémunir contre tout risque de séparation.