Entreprendre en couple, bonne ou mauvaise idée ?

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« L’amour, c’est regarder ensemble dans la même direction », dit la phrase la plus niaise du siècle. Et si cette direction, c’est un projet entrepreneurial ? Est-ce une bonne idée de monter une startup avec son ou sa conjoint(e) ? À quoi faut-il faire attention ? Que dit la loi ? L’amour est-il soluble dans un prévisionnel financier ? On fait le point !

S’associer avec son conjoint, une bonne idée parce que…

Entreprendre en couple peut incontestablement constituer une source de réussite pour un projet de startup. En effet, en se connaissant très bien — en particulier sur le plan émotionnel —, un couple partage plus que des idées. Après tout, si une association fonctionne dans la vie privée, pourquoi n’en serait-il pas de même sur le plan professionnel ?

Entreprendre en couple peut ainsi apporter un sentiment de puissance : on se sent plus fort à deux et plus en confiance dans le vaste monde de l’entrepreneuriat, puisque les forces de l’un complètent les faiblesses de l’autre, et vice versa. C’est en tout cas un véritable engagement, un moment marquant dans une vie de couple, comparable à l’achat d’un bien immobilier, l’adoption d’un chat ou la naissance d’un enfant. Oui, à ce point !

Mais ça peut aussi être l’enfer

Attention, tout n’est pas rose dans l’univers de la startup gérée en couple. Forcément, une telle décision estompe la frontière entre vie personnelle et vie professionnelle. Vivre avec quelqu’un qui perd une chaussette sur deux ne met pas un ménage en danger ; mais travailler avec quelqu’un qui n’arrive pas à mettre la main sur des papiers importants après les avoir laissés traîner cinq jours sur son bureau peut être mortel pour une société !

Si vous décidez de vous associer en couple, il faudra donc veiller à ne pas ramener les soucis du boulot le soir à la maison, et accepter de vous parler franchement lorsque surviendront les premières tensions professionnelles. Veillez, enfin, à disposer d’un budget « de secours » pour votre foyer. En effet, en cas de difficultés financières, puisque vous serez tous les deux concernés, il n’y en aura pas un pour rattraper l’autre avec une activité professionnelle propre.

Les couples ont le choix parmi trois statuts d’association

Aux yeux de la loi, pas de problème pour s’associer en couple. Tout a été prévu, et trois formules principales existent :

  • Le conjoint collaborateur. Ce statut est valable pour les entreprises individuelles et les SARL de moins de 20 salariés. Le conjoint n’est pas rémunéré, mais il bénéficie de droits à la retraite et de l’assurance maladie. Il peut également continuer à percevoir ses allocations chômage.
  • Le conjoint associé. Ce statut passe par la création d’une société dont les conjoints détiendront des titres, en nombre égal ou non. Tous les deux dans la même galère, pour le meilleur et pour le pire !
  • Le conjoint salarié. L’un des conjoints est alors chef d’entreprise, et l’autre salarié (avec ce que cela implique en ce qui concerne les charges). En cas de difficultés, ce dernier peut alors toucher des aides comme tout salarié « classique ». Attention cependant à bien respecter le lien de subordination (le conjoint ne doit pas pouvoir être considéré comme un dirigeant dans les faits).

 

Et vous, vous avez déjà connu cette situation ? Vous seriez d’accord pour vous associer avec votre conjoint(e) ? On en discute dans les commentaires !