6 conseils pour trouver l’idée et monter votre boîte !

« Je veux monter ma boîte », voilà la maxime la plus utilisée par le jeune entre 18 et 30 ans au XXIe siècle. C’est une variante moderne de l’Arlésienne de Daudet, on en parle mais jamais on ne la voit. On connaît tous au moins trois types de personnes qui nous ont fait part de leur volonté de créer une entreprise. 1 : ceux qui n’en peuvent plus du salariat, de leur patron et qui ont comme seule idée révolutionnaire pour leur future startup de décréter le lundi comme troisième jour du week-end. 2 : ceux qui ont une idée qui leur paraît sympa, qui l’est parfois, mais qui se découragent à la première évocation des mots de « business plan » et de « Centre de Formalités des Entreprises ». 3 : ceux qui, malgré les doutes qui planent sur leur projet, se lancent avec intelligence et détermination dans l’aventure. Ils étaient plus de 525 000 en 2015 (source INSEE). Ces derniers sont ceux qui ont respecté (ou qui auraient dû) les méthodes et recommandations dont nous allons parler ici.

Passer de râleur passif à râleur actif

En France, râler est un sport national. On aime ça. Eh oui, que voulez-vous, nous sommes des perfectionnistes, alors quand ça ne tourne pas rond, cela nous agace et on le fait savoir. « Mais pourquoi c’est fait comme ci et pas comme ça ? Mais c’est quand même pas compliqué, il suffit de faire comme ça ! » On est tous coutumiers de ce genre de questions et assertions, mais peu voient que réside peut-être dans celles-ci le germe d’une idée. Si je perçois un manque ici ou là, c’est qu’il y a certainement un besoin à satisfaire, une solution à apporter. Il faut ensuite mettre tout en œuvre pour voir à quel point celles que je propose peuvent être viables... et c’est plutôt compliqué, donc on râle. Mais là on peut, parce qu’on est devenu un râleur actif.

Brainstormer à en avoir le tournis

La création passe par un immense brassage d’idées. On les prend, les façonne, les analyse, les modifie, les inspecte sous différents angles, un peu comme les lettres qu’on change d’ordre au Scrabble jusqu’à trouver la combinaison qui fait mouche. Une idée doit être dans une perpétuelle dynamique, il faut la molester, lui mener la vie dure pour voir si elle tient la route et la contradiction. Les grands scientifiques vous diront toujours que la méthode n’est pas de tenter de prouver qu’une formule est juste, mais de tout faire pour démontrer qu’elle est fausse et de commencer à considérer sa véracité seulement après l’avoir malmenée tant qu’on a pu. Eh bien c’est un peu pareil pour la création d’entreprise. La brillante idée que l’on a eue sur son canapé doit être mise à l’épreuve d’une multitude de considérations, d’analyses et autres calculs, avant d’être promue au rang de projet potentiellement viable.

Confronter ses idées avec humilité

Dans le prolongement du conseil précédent, il ne faut pas hésiter à avoir recours à ses proches. Pas votre grand-mère qui trouve que tout ce que vous faites est génial, mais ceux qui sauront se montrer objectifs pour votre bien. On s’accroche parfois à son idée comme Gollum à son Anneau, mais il faut aussi savoir faire preuve d’écoute et entendre les remarques quand elles soulignent des limites que nous nous refusons à voir.

Une déclinaison pertinente vaut mieux qu’une invention loufoque

Beaucoup font l’erreur de penser que la création d’une startup passe invariablement par une idée révolutionnaire, mais il n’y a rien de plus faux. Avoir un éclair de génie aboutissant à un produit qui révolutionne le marché et vous envoie en 6 mois aux Bahamas relève de l’extraordinaire. Mieux vaut observer ce qui marche, y ajouter un élément pertinent, un supplément de valeur ajoutée au produit ou au service existant, que se lancer dans la production de parapluies à capteurs solaires. Les déclinaisons revêtent en effet beaucoup d’avantages : le marché est déjà rodé, la demande bien présente et les chéquiers des investisseurs s’ouvrent plus volontiers quand le projet renvoie à d’autres exemples de réussite.

Ouvrir grand son esprit, le nourrir, puis digérer

Ce point est peut-être le plus fondamental de tous. Avant de devenir des factures et des tableaux Excel, une entreprise est d’abord le fruit d’une idée. Oui, c’est bête dit comme ça, mais les idées viennent quand les consciences sont disposées à les faire émerger. Il faut continuer à consulter la presse spécialisée en économie et en entrepreneuriat, mais aussi, et même surtout, s’abreuver de beaucoup d’autres inspirations et tenter de cerner une vision d’ensemble, de percevoir ce qu’Hegel et Heidegger appelaient « l’esprit du temps ». Les entrepreneurs qui réussissent sont d’abord ceux qui ont saisi des vérités de leur époque.

Entamer des démarches pour confronter son idée au réel

Même au stade de projet en gestation, n’hésitez surtout pas à pousser les portes de quelques lieux qui vous accueilleront volontiers et vous permettront d’y voir plus clair en vous prodiguant des conseils à la fois professionnels et gratuits. Parmi les incontournables : les CCI (Chambres de commerce et de l’industrie), l’APCE (l’Agence pour la création d’entreprise) ou Bpifrance (Banque publique d’investissement).

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